Déconfiner la gestion et l’économie !
Il est parfois déconcertant d’entendre les économistes disserter sur les solutions à trouver pour pallier à l’arrêt de l’activité productive pendant le confinement, hormis les fonctions hospitalières et alimentaires, maintenues sur le retranchement des populations, seule arme d’attaque à disposition pour échapper à la pandémie du virus ; s’en prémunir. Les plans de relance ne dépassent guère tout ce qu’on a connu jusqu’à présent pour sortir d’une crise économique, à savoir, la mise en place de nouvelles plates-formes de capitalisation, de prêts et de crédits qui serviront à alimenter les avances sur recettes, les écoulements de dividendes et les prises illégales d’intérêts. Pas de quoi bousculer en profondeur les règles globales et générales du système de gestion du capitalisme financier, consacré depuis 1972 au totalitarisme des banques privées qui n’ont plus aucun contre-poids de gestion collective, similaire à celui d’une Caisse Municipale et d’Unités productives d’exploitation, agraire, artisanale, commerciale et manufacturière qui fonctionnait pourtant bel et bien « sans patrons ni banques privées ». Ce n’est pas la crise de Covid19 qui a inventé le « prêt à taux zéro » mais la gravité de l’enrayement de la machine économique est telle, qu’il tient une place considérable dans la sortie de crise économique en tant que possibilité de relance pour trouver de nouvelles propositions mises à disposition de ceux qui voudraient renflouer leurs capitaux. Un prêt à taux zéro serait-il toujours gagnant (rentable) par rapport à l’indice de l’inflation ?… Après, si l’intérêt prélevé sur cette forme de prêt, n’est pas supérieur au taux d’inflation, il n’y a pas lieu de crier au brigandage ou à l’escroquerie !… Des « petits sous » diront les plus gros fournisseurs de capitaux mais il n’y a pas de petits sous, il n’y a que la manière dont s’opère et s’exécute la gestion en s’orientant, soit vers la protection des milliardaires et des prises individuelles de dividendes ou bien en envisageant une économie complètement collective qui parviendra à unifier toutes les banques privées en une seule caisse commune pour faire du monde des affaires, de l’investissement et des budgets – de l’Économie – un véritable service public !
Les solutions pleuvent, tant du côté des banques privées du capital patronal que des particuliers qui ne sont pas à cours d’idées pour surmonter le manque à gagner annoncé par un sévère confinement. Sauf qu’entre les offres de prêts et les exonérations où on ne distingue plus trop la différence entre l’État et le monde bancaire – ni de qui décide de masques ou d’entreprises à sauver – et les particuliers qui se démènent pour livrer à domicile, en milieu urbain ou en moyenne montagne, des paniers alimentaires de première nécessité ; il y a le monde de la finance et de la capitalisation, plein de mystère, dont les interdépendances affichées avec le petit patronat, se soucient moins de son sort lorsqu’il est question de liquidations judiciaires ou de cessation d’activité. Mais cela ne s’arrête pas aux petites et moyennes entreprises, parfois ça se prolonge jusqu’aux multinationales comme Renault… Finalement, le capital patronal des banques privées n’aurait-il pas tendance à soumettre tout ce qui reste de solvable en « activité capitalisée » à un plan d’endettement sur au minimum trois ans pour définitivement les faire entrer dans la dette sans la contraindre, tout comme il l’aurait fait dans un pays étranger colonisé, dès lors qu’il put implanter une banque nationale ou étrangère sur un territoire estimé conquis ? Parmi ces petites et moyennes entreprises – mais aussi celles de taille plus importante -, reste le choix entre la possibilité d’immédiatement liquider leur affaire pour récupérer leur fond de capital parce que son niveau ainsi obtenu, les invitera à se hisser vers des hauteurs de capitaux qui permettront de les relancer ultérieurement dans la finance et l’investissement. Un peu comme ça c’est produit avec la valeur de la filière bois dans les Vosges ou après les dix ans de lutte dans le textile en Alsace et dans les Vosges, aussi, avec des voies de capitalisation vers le nucléaire et le TGV ; ou bien, tiendront-elles encore quelques mois ou années pour retrouver un niveau d’affaire acceptable, sans qu’aujourd’hui ne soient garanties que les habitudes des consommateurs n’auraient pas changées pendant le confinement de l’épidémie, ni que le choix dans leurs achats serait dorénavant invariant, encore moins qu’il ne faudrait pas diminuer les salaires pour préserver des emplois ?
Une politique de reprise économique de sortie de crise sanitaire qui ne se baserait que sur la simple consommation, ne résoudra pas trois mois d’arrêt total de nombreuses industries, commerces, entreprises manufacturières ou artisanales. On ne va pas consommer trois fois plus de ce qu’on n’a pu faire en trois mois, ou alors il faudrait trois fois plus de temps à y consacrer ; ce qu’une vie normale, ne peut apporter. Il ne reste plus qu’au capitalisme financier de monopole, structuré en multinationales par des banques privées et autour des lobbies, d’ouvrir grand ses rayons de prélèvements, d’endettements et de liquidations – entre offre de crédit et prêts – pour espérer demeurer à flot de ses rentabilités ; non sans la crainte réelle d’une certaine recrudescence des tensions avec les syndicats et de nombreux mouvements sociaux qui redoutent, par dessus tout, une vague de licenciements, étalée dans le temps et dont on ne peut prédire l’ampleur réelle, dans de nombreux corps de métiers et secteurs professionnels d’activité.
Mais pour cela, encore faudrait-il être capable de sortir du modèle de gestion du capitalisme financier et oser proposer une politique économique différente de celle que les partis utilisent pour briller mais peu pour transformer le rapport de force avec le capital patronal des banques privées, invité à tenir compte désormais dans son cahier des charges, ajoutée aux crises sociales et économiques, de la non moins incontournable crise climatique. Sans doute avec des notions de « gestion collective » et de « Caisse Municipale » qui permettaient aux corps de métiers de se faire respecter par le patronat et les banques privées, maintenus à distance, à une périphérie plutôt qu’au centre des décisions ; comme l’était ce capital patronal des banques privées lorsqu’il était appelé à venir à même hauteur de cotisations patronales pour les caisses de retraites ou les financements des équipements collectifs, à partir de 1947. Depuis ce départ d’équilibre économique entre la gestion collective en Caisse Municipale de tous les corps de métiers jusqu’aux caisses de retraites par des unités productives et le capital patronal des banques privées, plus individualiste, les yeux tournés vers le rêve américain giscardien ; de nombreuses formations politiques sont apparues avec de nouveaux noms, de nouvelles étiquettes idéologiques mais tournent le dos à cette Caisse Municipale de gestion collective « sans patrons ni banques privées » et rentrent bizarrement, toutes en politique, avec une banque privée, voire la même banque privée que l’extrême-droite du FN 1972 des Le Pen. Cela aura pour conséquence, à la tête de ces partis, de nous livrer une désastreuse succession de présidents-mercenaires-banksters qui vont du Parti Socialiste 1969 au FN 1972 – déjà cité -, en passant par l’UDF 1978 et le RPR 1976 ; jusqu’aux non moins banques privées de l’UMP, de l’UDI, des LR, du MoDem ou d’En Marche / La République en Marche !


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