Toujours l’économie d’avant, pour après ?

 Ne commençons pas à nous horrifier de la phase 2 du déconfinement, où reprend rapidement le dessus, le monde de la capitalisation qui n’en espérait pas autant de pertes pendant le confinement total et partiel, qu’il s’empresse de relancer, en un rien de temps, pour imposer son aide sous la forme de nouveaux appels d’offres, de prêts, de crédits ou d’allègements fiscaux, seuls secours aux entreprises. Est même proposée, l’affirmation de « diminuer les salaires pour sauver des emplois » !

Sans doute craint-il – ce capitalisme financier – que pour rester en activité, de nombreuses entreprises risquent d’avoir envie de faire appel à du capital étranger pour couper la main-mise de leur destin qui risquerait de se faire enchainer par le capital patronal des banques privées françaises, incluant déjà ses propres passerelles étrangères. Comme pour trouver une autre monnaie, un autre système bancaire, une solution économique différente qui les lierait moins à l’endettement inévitable causé par l’arrêt économique du virus Covid19, la goutte d’eau qui fait déborder le vase d’une succession de récessions et de crises économiques, financières et sociales ; à la différence qu’elles n’auront jamais connues de lendemain aussi indécis et que dans le paradoxe de l’imprévu, il serait difficile d’accuser des laboratoires pharmaceutiques d’avoir joué avec un virus pandémique pour sauver le capitalisme mondial ou une entreprise, chercher sa survie dans des bitcoins.

« Faillite pour les uns, ruissellement pour les autres », la machine économique tient, là, l’outil inestimé pour compresser et donner à la casse sociale, l’argumentaire qui lui manquait. Nous avons un banquier à l’Élysée, que ferait-il d’autre qu’apporter avec son gouvernement – qui est aussi celui de son 1er ministre -, des solutions de banquiers où, de toutes façons, sont exclues les solutions alternatives qui modifieraient la gestion des cotations boursières du Cac40 pour pouvoir effacer l’endettement et rendre suspensives, jusqu’au 1er janvier 2021, toutes inscriptions au tribunal du commerce d’entreprises qui feraient l’objet d’une liquidation judiciaire, de dépôt de bilan, de cessations de payement. Parfois c’est rapide. Les entreprises ne peuvent différer le manque à gagner de trois mois sur la fin de l’année, lors d’un bilan général annuel. Celles pour qui la clé est déjà sous le paillasson, les aides massives promises par les représentants de la majorité présidentielle, parviennent-elles à maintenir l’activité ou s’arrêtent-elles à un chômage partiel coûteux qui prend fin cet été ?… pour peu que ces entreprises ne fignolent pas leur chiffre d’affaire durant la période estivale, c’est remettre la sortie de crise à une date ultérieure pour elles. « Travailler plus pour gagner moins » risque de ne pas être qu’une boutade mais signifiera bien la triste réalité du capital patronal des banques privées, incapable de recouvrir ou rendre suspensive la dette qu’il a lui-même produite par son système d’organisation économique, où tout est aux mains des banques privées puisqu’il n’y a plus aucun contre-poids au patronat, tel qu’il pouvait se définir par une gestion collective des corps de métiers, en Caisse Municipale, autour d’Unités productives sans patrons ni banques privées.

Dans le patronat, on peut distinguer ceux qui peuvent se passer d’une partie de la main d’oeuvre lorsqu’ils se lancent dans des plans de restructuration ; de ceux qui, si ils licencient, mettent la clé sous la porte si ils n’ont plus d’employés parce qu’ils ne peuvent accomplir le travail, la production ou le service, tout seul. Il y a donc une différence énorme entre la grande armature financière du grand patronat et celle des structures plus petites qui gardent une notion de gestion collective de l’entreprise mais comme il n’y a plus que des banques privées qui reflètent l’armature d’une économie sans contre-poids, il est devenu quasiment impossible de concevoir, dès le départ, une méthode distributive des richesses qui ne serait pas simplement « re-distributive » par après – la redistribution supposant le partage de bénéfices ou de plues-values, préalablement produits par un marché, des ventes, un bénéfice – parce que la « distribution » s’effectue immédiatement lors de la constitution d’un budget, elle est dedans et n’évolue pas au fil de la fluctuation des crises économiques qui modifient le cadre prévisionnel et privent souvent certaines structures productives indispensables et de première nécessité, des aides qu’elles pouvaient espérer. Il faudrait du CICE pour faire des masques plus rapidement que déjà il se pourrait qu’il ni en ait plus. Il faudrait du CICE pour sauver des emplois et on nous annonce que cela fait déjà deux ou trois ans qu’on consacre cette part budgétaire pour ne pas les supprimer ; qu’elle arrive à saturation de disponibilité.

Aujourd’hui, cette gestion collective de tous les corps de métiers essayerait d’unifier toutes les banques privées en une seule caisse de gestion commune qui ferait de l’économie, des investissements et du monde des affaires et de l’entreprise, un service public à part entière, intégralement orienté dans un état d’esprit gestionnel qui tienne compte d’un sens commun de distribution des richesses, « au moins perdant » au lieu du « au plus offrant » !… D’autres notions sur la rentabilité verront le jour et ne se définiront pas qu’en accroissement de bénéfices et de ruissellement de dividendes ; mais se compteront aussi en préservation de l’environnement et des milieux naturels qu’il faut protéger de l’activité industrielle de déforestation et d’une densité de bétonisation affolante, sans omettre la destruction galopante de l’écosystème et un dérèglement climatique qui bouleverse les régulateurs climatiques naturels, bousculés par les gaz à effet de serre des émissions de CO2, de CFC. L’écologie devient un paramètre incontournable qui ne pourra s’éliminer d’un revers de manche sans faire courir à l’humanité de grands dangers. Menaces climatiques ou économiques ne verront plus la différence de n’avoir pas réussit à transformer les banques privées du capital patronal, en gestion collective qui les aurait unifiées pour faire de l’économie, des finances, du budget et des investissements, un « service public » proprement dit !

Coronavirus : le jour d'après la récession mondiale - Kapitalis

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