Législatives 2022 : démocratie ouverte ou démocratie écrasée ?

 

Considérons un nombre de bannières politiques qui composent un versant politique particulier, plus communément appelé gauche sociale, écologiste, solidaire, indépendante et démocrate. Appelons ces bannières, pour ne pas leur donner d’étiquette spéciale : A - B - C - D - E - F - G - H.

Elles peuvent être au nombre de 8, en considérant les micro-bannières qui ne dépassent pas 1% de suffrage sur une consultation électorale nationale, de 5 ou de 3, mais pas seulement deux, sinon, on retombe dans la configuration des formes de candidatures de simples alliances ou de « cavalier seul » avec une seule bannière. La problématique étant de faire exister, vivre et sortir des urnes le maximum de bannières avec le maximum d’électeurs. Comment y arriver sans que l’une d’entre-elles décide de faire « alliance » avec une autre pour être plus sûre d’exister, alors qu’en fait, elle n’est même pas certaine de pouvoir affirmer et mettre en avant une étendue électorale quelconque comprise entre > 0% > 3% > 5% > 10% > 20%… Cette bannière en question peut avoir participé à un scrutin avec une autre bannière mais ne pas être en capacité de revendiquer grand chose puisque ne pouvant justifier d’aucun % si ce n’est le total de son « alliance » ornementée des « petits arrangements entre amis ». L’essentiel est la victoire, me direz-vous ; mais regardez, Macron et Bayrou, en 2017. Si le % du MoDem avait été clairement défini dans les urnes aux côtés de ceux d’En Marche, des socialistes voués à Macron, de l’UDI et de quelques LR ; la constellation de la « macronie » en eut été sans doute transformée, non pas que le MoDem de François Bayrou eut dépassé En Marche d’Emmanuel Macron, mais qu’aux Législatives, le MoDem ou le Parti Socialiste auraient pu revendiquer plus de DéputéEs qu’ils ne furent en mesure de le faire au lendemain de la présidentielle. Les bannières qui se dissolvent ou font alliance commune ne sont pas forcément porteuses d’une stabilité électorale.

Revenons à nos bannières A,B,C,D,E ou jusqu’à F,G,H… Si des alliances intercalaires s’installent, il est évident que certaines auront plus de % et d’autres moins, du fait même des alliances avec sans doute une perte d’une partie de l’électorat qui ne pourra plus voter pour sa bannière, malgré les promesses de chance de victoire annoncée par une bannière qui appelle les autres à voter pour elle. Un tel bras de fer est inutile et court beaucoup de risques pour pas forcément beaucoup de victoire au bout, bien plus souvent, on l’observe, prend forme, l’allure d’une défaite, en réalité. Ce petit jeu d’alliance n’en finit pas et permet d’un scrutin à l’autre, aux petites bannières politiques à étendue électorale plus restreinte, de faire alliance avec telle ou telle autre formation politique, considérée comme bannière plus grande mais à force, n’y perdent-elles pas quelques électeurs en cours de route, à force de tout avoir essayé comme combinaison ?

La règle non truchée d’une démocratie voudrait que chaque bannière soit sur la table de vote. De A jusqu’à E ou jusqu’à H et quelles soient reliées par une coalition universelle, dite intégrale si les 8 bannières intègrent la coalition ou restreinte, si seulement 3 ou 5 la composent. Cette coalition leur permet d’additionner leur % respectif avec le soin laissé aux urnes, de choisir par les résultats du soir du 1er tour, la bannière directionnelle qui emmène toutes les autres gagner le 2e tour. Cette décision - démocratiquement - ne peut qu’appartenir aux urnes et au résultat du soir du 1er tour, certainement pas à des petits arrangements entre amis où ne se comptent plus les alliances de connivence ou de figuration. Pas simplement pour renforcer et obtenir un % mais surtout pour ne pas disparaître entre les deux tours d’une élection à deux tours. Encore plus essentiel sera alors le programme qui articule toutes les bannières, pas seulement orienté vers la crise climatique, le réchauffement climatique et toutes les transformations structurelles de l’industrie et des services qu’elle motive mais aussi pour aller vers l’abolition du patronat, au même titre que fut aboli l’esclavage en son temps pour en faire, de ce patronat, des fonctionnaires (hauts), ce qui permettrait d’unifier toutes les banques privées en une seule et même méga-giga plate-forme de gestion commune à l’effort économique collectif commun, afin d’augmenter la puissance économique du pays et de faire de notre système bancaire le véritable service public de cette « plate-forme universelle de gestion collective .» La solidification de ces différentes étapes marque la soudure des bannières autour de ce tronc commun. Plus elles seront nombreuses et plus ce tronc commun sera étoffé et élargi jusqu’à l’abolition du patronat pour unifier les banques privées et faire de notre système bancaire, le service public d’une véritable gestion collective universelle activée par l’effort économique collectif commun : le système de gestion d’une démocratie ouverte et non plus écrasée !

L’idée d’une coalition universelle, intégrale ou restreinte, articule chaque bannière, indépendamment de son étendue électorale espérée, que seule les urnes sont en capacité d’apporter réellement, avec ou sans sondage, autour et avec les autres bannières. Chacune étant dans l’obligation d’obtenir un % pour que les urnes puissent désigner le soir des résultats du 1er tour, quelle est la bannière directionnelle, directement sortie des urnes, chargée d’emmener gagner les autres le 2e tour. Personne n’est ainsi abandonnée et les vases communiquants n’ont plus lieu d’être ; tout comme n’ont plus lieu d’être les trafics d’influence, la corruption active ou passive, les détournements de fonds, les dessous de table et les petits arrangements entre amis… La constellation politique se trouve ainsi renforcée et les bannières amenées à se côtoyer plus souvent, autrement que pour sceller des alliances et confectionner des réunion pré-électorales comme du merchandising ou du marketing, même si la liste des revendications, chez chacune des bannières est acceptable lorsqu’on observe ce versant politique social, écologiste, solidaire, indépendant et démocrate.

Les abstentionnistes sont un point important et un facteur d’interrogation sur la qualité de tous candidatEs. Nous l’avons vu avec Jean-Luc Mélenchon, au 1er tour des présidentielles, qu’ils pouvaient avoir une part importante dans l’obtention de ses 22%, encore que ce serait dû essentiellement aux « mauvais scores d’EELV, du PCF et du NPA, ainsi que de la Lutte Ouvrière. Certains cadres de ces partis ont préféré la France Insoumise à l’Écologie en Grand et aux Jours Heureux. C’est la Démocratie ! À plus de 12 millions d’abstentionnistes est-on en devoir ou en possibilité de considérer ce potentiel électoral comme une force politique, voire la première du pays ?

Après la question des abstentionnistes et comment les situer, nous pouvons aussi nous demander si il vaut mieux être quatrième, au 1er tour d’une Présidentielle, avec 7 059 951 voix répartissant 19,58% d’étendue électorale ou troisième avec 21,95% du partage électoral, réunissant 7 712 520 voix bien posées ; si ce n’est d’être, dans les deux cas, confronté au même goût amer de la défaite ? !

Lorsque s’articuleront autour de l’écologie, l’abolition du patronat par (et) l’unification des banques privées pour faire de notre système bancaire un véritable service public, alors sans doute que cette masse réagira et donnera un sursaut d’orgueil à celles et ceux qui ne se sont jamais réellement fait élire sur une majorité réelle, toutes relatives que peuvent être les victoires. Cette articulation peut donner naissance à une coalition réelle, universelle, intégrale ou restreinte (8, 5 ou 3 bannières qui s’additionnent), c’est du moins là où pensait se situer l’Union Populaire de l’Avenir en Commun ; l’abolition du patronat et l’unification des banques privées pour faire du système bancaire un véritable service public, en moins. C’est bien pour cela qu’on ne pourra jamais considérer comme une politique économique sérieuse, le fait de vouloir rapiner les riches et taxer le capital. Cela ne constitue pas une charpente économique mais peut-être un point de départ qui trouve rapidement ses limites. L’unification de toutes les banques privées constituerait une tornade en économie. Faire devenir le système bancaire un véritable service public conduirait à plus d’égalité, moins de précarité et de pauvreté, de misère et de souffrance.

Toutes et tous fonctionnaires !

« La même banque pour tout le monde ! »


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