Législatives 2022 : coalition « unique » ou coalition multiple et diversifiée ?
Reprenons nos bannières politiques A - B - C - D - E - F - G jusqu’à H, affiliées au versant politique gauche républicaine, sociale, laïque, solidaire, écologiste, indépendante et démocrate.
Considérons l’hypothèse d’une coalition, soit universelle, plus ou moins intégrale ou au minimum restreinte ; différencions-là d’une coalition alias « accords » où on retrouve étrangement unE seulE candidatE pour les huit, quatre ou cinq bannière qui composent la coalition, au lieu d’avoir le même nombre de portes-paroles/candidatEs sur la table de vote au 1er tour, qu’il y a de bannière qui constituent cette coalition. Il va sans dire que dans l’hypothèse d’une coalition alias accords, de nombreux électeurs ne retrouveront pas leur bannière originelle et il sera difficile de faire voter massivement pour une seule personne, censée représenter 8 bannières, 4 ou 3. Quelle hégémonie, me direz-vous, qu’une telle candidature unique pour 8, 4 ou 3 bannières !… Mais ne retombe-t-on pas dans le cas d’une candidature quasiment de « cavalier seul » où les pieds du cheval constituent le nombre de bannières alors qu’on pourrait avoir au sein de la coalition, 3, 4 ou 8 « cavaliers » !
Alias « accords »
Si tout est bien coordonné et accepté par l’ensemble des portes-paroles/candidatEs des bannières, composantes la coalition des accords, tout devrait bien se passer et l’ensemble des électeurs rallieront la décision commune sans trop de désaccord, bien que la personnalité choisie, ne satisfasse pas entièrement les plus enracinés à leur bannière et nous nous retrouvons dans la situation d’un « cavalier seul » ou d’une alliance, plus que dans la situation d’une coalition réelle où chaque porte-parole tient son rôle jusqu’à la table de vote. Le total des suffrages risque d’en prendre un coup, quelques voix manquer lors du décompte final.
Ça concerne qui ces « alias accords » ?… les cadres des partis concernés, à savoir LFI, EELV, PCF, NPA, Générations, éventuellement Le Mouvement des progressistes et Indépendants et la Lutte Ouvrière. Mais ce sont les cadres, portes-paroles qui rêvent d’une candidature, les électeurs ne venant qu’après, appelés à voter pour la candidature retenue.
Ce n’est pas que nous voulons absolument gagner qui pousse à vouloir considérer unE candidatE/porte-parole unique, représentant les autres 7, 6, 5 ou 4 bannières différentes « alias accords » ; mais comment cela risque-t-il de se passer, là où finalement, chaque bannière étant en droit et presqu’en devoir de revendiquer son porte-parole comme candidatE à la députation ?… Y aura-t-il un vote interne dans des Comités où la LFI (France Insoumise) risque d’arriver en sur-nombre par rapport aux autres bannières, en droit de ne venir qu’à 2 ou 3 membres, feront-ils une sorte de « primaire » pour désigner le candidatE/porte-parole « alias accords » ?… Tel qu’on nous le laisse entendre, il s’agirait d’accords à minima, LFI n’étant pas prête d’accepter beaucoup d’égalité, depuis son score élevé de 22% au 1er tour de la Présidentielle. C’est un bon résultat : le pire de la défaite qu’un parti puisse obtenir !
C’est donc vers une formule différente qu’il faille orienter son choix, parce qu’à y regarder de près, ce n’est pas forcément la bonne solution d’avoir une candidature unique chapeauté par LFI, censée représenter à la fois EELV, le PCF, les Générations, le Mouvement des progressistes et Indépendants, le NPA et pourquoi pas la Lutte Ouvrière, le Parti Socialiste étant exclu des négociations, dès le départ, mais il l’a peut-être un peu cherché aussi, après avoir envoyé autant d’électeurs de ses rangs, voter pour Macron en 2017, opération qu’il a dû réitérer en 2022 pour qu’Anne Hidalgo fasse un aussi mauvais score, aussi la conséquence de la volonté de Ségolène Royal d’appeler à voter Mélenchon dès le 1er tour !
Il serait plus confortable d’avoir chaque fois un porte-parole/candidatE pour chaque bannière et laisser les urnes désigner au soir des résultats du 1er tour, la bannière directionnelle. Ces différents portes-paroles / candidatEs intégrant pour le 2e tour le bureau législatif de la bannière directionnelle amenée à faire élire son ou sa DéputéE. C’est une manière plus démocratique de faire vivre toutes les bannières jusqu’au prolongement du bureau législatif que d’additionner pour le résultat du 1er tour, le % obtenu par chaque bannière, et de fournir, par la même occasion, une sorte de stéthoscope de la vie politique locale réelle. C’est différent des « alias accords » que ce qui suit maintenant !
Coalition réelle, intégrale ou restreinte
Si toutes les bannières de la coalition se trouvent sur la table de vote avec, pourquoi pas une teinte spécifique pour marquer chaque bulletin de vote des candidatEs/portes-paroles pour qu’on distingue parfaitement que ces bannières composent une coalition dans chaque bureau de vote, ça rassemble et fait déjà vivre plus de personnes jusqu’au résultat du 1er tour qui désignera la bannière directionnelle, après dépouillement de chaque bannière ayant obtenu son % qui s’additionne à celui des autres bannières. Il y a d’abord un résultat, circonscription par circonscription, ce qui donne la possibilité d’observer des variations sur la bannière arrivée en tête dans la coalition. Que ce soit 8, 4 ou 3 bannières, il va sans dire que ça ramène du monde au bureau de vote, les électeurs y voyant un intérêt supérieur à aller défendre leur bannière respective et ça devrait faire un peu monter tout le monde ; la moyenne nationale, ensuite, répertoriera le classement final, de la bannière motrice jusqu’à la plus petite qui n’est pas exclue de remporter quelques circonscriptions malgré tout et donc pour le deuxième tour, d’emmener les autres voter pour son DéputéE. Au niveau local, c’est plus intéressant de voir plus de candidatEs sur la table de vote par rapport au résumé d’une « candidature unique » voulant chapeauter toutes les bannières, et ça fait vivre le terroir politique local quand chaque bannière peut mener sa campagne au sein d’une coalition, avant de se mettre sans concession autre que des « alias accords » pour se mettre aux ordres d’une bannière unique. C’est évident que ça ramène plus de monde aux urnes, puisqu’il faut dans un premier temps défendre sa bannière avec l’espoir qu’elle devienne directionnelle parmi les autres bannières de la coalition, le soir des résultats du 1er tour, sinon, d’accompagner une autre, au 2e tour, sans disparaître. La probabilité de l’emporter n’étant pas forcément la même pour chaque bannière mais ne dépendant certainement pas des résultats du 1er tour d’une Présidentielle qui précède le scrutin des Législatives.
Il serait intéressant de faire figurer à coté de la liste de toutes les bannières, le nombre de cotisants, d’inscrits et l’évaluation des sympathisants, pour voir ensuite, après le scrutin si tout le monde est bien allé voter !
LFI : nombre d’inscrits-cotisants / sympathisants
EELV : nombre d’inscrits-cotisants / sympathisants
PCF : nombre d’inscrits-cotisants / sympathisants
NPA : nombre d’inscrits-cotisants / sympathisants
Générations : nombre d’inscrits-cotisants / sympathisants
Urgence Écologie : nombre d’inscrits-cotisants / sympathisants
Lutte Ouvrière : nombre d’inscrits-cotisants / sympathisants
Parti Socialiste : nombre d’inscrits-cotisants / sympathisants
Ce listing d’une constellation à 8 bannières fait exister une forte probabilité d’être dans le cas d’une coalition intégrale, mais on pourrait aussi n’avoir que 4 ou 5 bannières et n’être alors que dans la configuration d’une coalition restreinte. Dans les deux cas, avec un ou une candidatE/porte-parole pour chaque bannière sur la table de vote et le soir du 1er tour où ce sont les urnes qui désigneraient la bannière directionnelle, ça ne peut être que du gagnant/gagnant. Après, les « alias accords » ça reste des arrangements, avec la possibilité de tous les dessous de table que ça renferme et ça ressemble plus à des alliances qu’à une véritable coalition réelle. La coalition multiple et diversifiée n’est-elle pas le meilleur moyen d’avoir tous les électeurs et toutes les électrices de toutes les bannières, présents aux urnes pour le 1er tour ?… La coalition « unique » peut-elle priver d’électrices et d’électeurs le ou la candidatE unique qui sortira du chapeau « alias accord » ?
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